« La priorité pour une décharge de type D est la stabilité à très long terme (plusieurs décennies, voire siècles), ce qui est contradictoire avec un environnement géologique instable.«
Créer un stockage de déchets dans une zone entourée de trois zones de danger n’est a priori pas une recommandation prudente.
De manière générale, oui, l’activité d’une carrière située à proximité immédiate de zones d’instabilité peut tout à fait aggraver le risque ou provoquer l’extension des zones de chutes de pierres.

Facteurs de risques à prendre en compte :
1. Les vibrations liées aux tirs de mine
Si l’extraction utilise des explosifs, les ondes de choc se propagent dans le massif rocheux.
- Ébranlement mécanique : Les vibrations peuvent agir comme un « déclencheur » pour des blocs déjà en équilibre précaire.
- Fatigue de la roche : La répétition des tirs peut élargir les discontinuités (fissures, diaclases) existantes dans les zones de danger voisines, affaiblissant la cohésion globale du versant.
2. La décompression du massif
L’extraction de grands volumes de roche modifie l’état de contrainte du sol.
- Appel de vide : En creusant, on retire un appui latéral. Le massif environnant cherche à se « détendre » vers le vide créé, ce qui peut provoquer des ouvertures de fissures en amont ou sur les côtés de la carrière, étendant ainsi le périmètre instable.
3. Les modifications hydrogéologiques
L’exploitation d’une carrière modifie souvent la circulation des eaux souterraines.
- Pression hydrostatique : Si le drainage est perturbé, l’eau peut s’accumuler dans les fissures des zones de danger. L’augmentation de la pression de l’eau dans ces fentes réduit le frottement et peut provoquer des décrochements.
4. Le profil des talus
Si l’exploitation s’approche trop près des zones de chutes de pierres sans respecter une « banquette » (distance de sécurité) suffisante, elle peut fragiliser le « pied » du versant instable, provoquant un effet domino.
Si les zones de danger sont répertoriées, l’exploitant a l’obligation de mettre en place un suivi (capteurs de mouvements, extensomètres) pour vérifier que son activité n’aggrave pas la situation.
L’implantation d’une décharge de type D (spécifiquement pour les mâchefers issus de l’incinération) dans une zone active de mouvements de terrain présente des risques techniques, environnementaux et de sécurité civile majeurs.
Points critiques :
1. Risques pour l’intégrité de l’étanchéité
Le stockage des mâchefers nécessite un confinement strict pour éviter la lixiviation (le lessivage des métaux lourds et des sels par l’eau de pluie).
- Glissements de terrain : Un mouvement de masse peut rompre les barrières d’étanchéité (géomembranes, couches d’argile) ou les systèmes de drainage des eaux polluées (lixiviats).
- Chutes de pierres : Des impacts de blocs peuvent perforer les dispositifs de couverture ou d’étanchéité en cours d’exploitation, créant des voies d’infiltration directe vers les eaux souterraines.
2. Risques liés à la stabilité des compartiments
Les déchets de type D sont souvent stockés dans des alvéoles ou compartiments structurés.
- Instabilité mécanique : Si le site est entouré de zones de glissement, les pressions exercées par le terrain environnant peuvent déstabiliser les parois des compartiments de stockage.
- Effet domino : Un glissement de terrain pourrait non seulement endommager l’installation, mais aussi entraîner les déchets eux-mêmes dans le mouvement, rendant toute récupération ou dépollution quasi impossible.
Responsabilité : En cas de catastrophe naturelle entraînant une pollution, la responsabilité de l’exploitant et de l’autorité ayant délivré l’autorisation serait lourdement engagée.